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Hier un évènement
en salle, aujourd'hui un évènement en galette numérique. Avec plein
de fèves dedans, et les sensations grisantes d'un spectacle immortel.
Une oeuvre digne du roman.
Au cinéma comme
ailleurs, il y ades paris plus risqués que d'autres. La trologie du Seigneur
des Anneaux est de ceux-là. Une entreprise téméraire dont
l'ouverture, La Communauté de l'Anneau, scellele destin. Par
une réussite magistrale, vision flamboyante d'un artiste sur le monde
de contes, mythologies et légendes nées de l'imaginaire du linguiste
J.R.R. Tolkien. Peter Jackson est cet artiste. Un Néo-zélandais
d'une quarantaine d'années, rond, hirsute et barbu. Le look d'un
biker porté sur la bière. Un grand cinéaste cependant, transfuge du
gore déconneur, l'un des rares capables de porter à l'écran le
pavé de Tolkien sans en trahir l'esprit. Du village des paisables
Hobbits à la forteresse noire de saroumane, le magicien félon, Peter
Jackson trouve les images justes, jamais en-deça des mots de
l'écrivain. Comme si le même écrivain lui avait, incognito,
dessiné en détails le story-board du film. Ce n'est certes pas le
cas, mais le résultat revient au même. Magnifique, magique, porteur
d'un imaginaire pourri par des siècles de mythes... C'est justement
ça la communauté de l'anneau, le creuset de tous les mythes. Des
Chevaliers de la Table Ronde, de Siegfried, des fresques épiques
scandinaves... De ceux qui ont également bercé le George Lucas de Star
Wars. Rien qu'une histoire de pure invention ? Non car est-ce
vraiment un hasard si Tolkien a écrit la trilogie du "Seigneur
des Anneaux" pendant et au lendemain de la Seconde Guerre
mondiale ? Dans l'ombre de Sauron de Mordor se dessine la silhouette
plus chétive d'un autre dictateur qui prend le pouvoir en Allemagne
tandis que Tolkien raconte ses premières histoires à ses enfants.
Troublante coïncidence dans l'expression du mal absolu, de la menace
de voir les ténèbres fondre sur le monde pour un Reich de trois
mille ans. De même que L'Attaque des Clones montre à images
à peine couvertes le réarmement discret de l'Allemagne, La
Communauté de l'Anneau exprime l'inquiètude de voir la bête
endormie sortir un jour de son sommeil. Quand le conte déborde sur la
réalité. A moins que cela ne soit le contraire.
Le DVD :
Grand film, donc édition numérique à sa mesure, sur deux galettes.
Et encore ne s'agit-il que d'une édition standard, bien que
génereuse en suppléments. En trois documentaires dont les durées
varient de dix-sept minutes à quarante-deux ("Bienvenue en
Terre du Milieu", "La Quête de l'Anneau" et
"Le Voyage vers la Terre du Milieu"), tous les
aspects du film sont passés au crible. depuis le témoignage du
premier editeur de Tolkien jusqu'aux forgerons au travail sur les
armes, à la culture du potager des Hobbits en passant par la
participation capitale de l'illustrateur Alan Lee, rien ne manque. Ni
le témoignage de tous les interprètes, ni ceux des responsables des
effets spéciaux ou encore ceux des combats à l'épée. Avec l'accent
mis sur la volonté d'authenticité exigée par Peter Jackson à
tous les stades de l'élaboration de la Terre du Milieu. De la promo,
certes, mais mieux conçue, moins "bourrage de crâne" que
de coutume pour des productions de cette envergure. Et comme si cela
ne suffisait pas, quinze petits making-of viennent faire la lumière
sur la construction de Hobbitebourg et celle du royaume des Elfes,
ainsi que sur la langue des Elfes que parle joliment Liv Tyler. Sans
oublier l'antagonisme entre Gandalf et Saroumane, les spectres de
l'anneau, les comédiens et leur personnage... Une mine de
renseignements sur une quarantaine de minutes au total. Et ce n'est
toujours pas tout puisque se greffent au menu du second disque le clip
"May It Be" d'Enya, la présentation du jeu vidéo
"Les Deux Tours" dans l'esprit du film, afin qu'une
fournée de bandes-annonces et de spots TV. Deux cerises sur le
gâteau : dix précieuses dans le coulisses des Deux Tours, le
prochain épisode, et la présentation par peter Jackson de la version
longue du Seigneur des l'Anneaux (pratiquement une demi-heure
de rab), toute dévolue aux fans purs et durs. Portée par un
collector annoncé comme anthologique, cette version longue sortira en
DVD en novembre prochain. Nouvel évènement à prévoir, donc.
Sur les plans de
l'esthétique et de l'acoustique, le premier chapitre de la trilogie
s'étend sur un disque irréprochable. Pas le plus modeste défaut de
compression, une définition inouïe des images, des contrastes bien
marqués, des éclairages bien dosés... Et la bande sonore, partagée
entre des pistes 5.1 pour la version française et 5.1 Dolby Ex pour
l'originale, enveloppe le tout avec une saisissante amplitude.
4 étoiles
Par Marc Toullec
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