| resolution 800x600 | IE 5.5+ | home | |

:: chapter IV :: the movies ::

 
The Movies (X) : The Press ¤~
| << back to the press page |
:: The Press ::
Ciné Live : Le Seigneur Des Anneaux III

Le Retour Du Roi

Déjà tourné mais pas encore assemblé, le chapitre final du Seigneur Des Anneaux, intitulé Le Retour Du Roi, se profile déjà à l'horizon du 17 décembre 2003, sa date de sortie mondiale. Et déjà les promesses pleuvent !

~~~~~¤¤¤~~~~~

Quand on lui parle du dernier volet de la trilogie du Seigneur Des Anneaux, Le Retour Du Roi, Peter Jackson arbore son plus large sourire. Une expression entre la satisfaction, le secret bien gardé de grandes surprises en cours de finitions, et une pointe de malice. Aux questions inquisitrices, forcément indiscrètes pour son vigilant entourage, le cinéaste le plus barbu de Nouvelle-Zélande répond par des propos courts. Pas question de lever trop tôt (et trop haut) le voile... Qu'en sera-t-il de Gollum dans l'épilogue de la saga ? "On verra, lors d'une séquence flash-back, son visage de Hobbit avant même que l'Anneau ne le métamorphose physiquement." Une information bonne à prendre, et, pour le comédien Andy Serkis à 100% numérisé dans Les Deux Tours, une reconnaissance méritée. Et le film, on le verra quand ? "Pas tout de suite. Attendez donc que je m'attelle sérieusement au montage." Ce qu'il vient de faire, au terme des vacances de Noël et de la Sainte-Sylvestre. Une petite pause avant le trvail de titan qu'implique l'achèvement de la trilogie. "Entre La Communauté De L'Anneau et Les Deux Tours, j'ai repris le travail un peu tard. Pas question que cela se reproduise sur Le Retour Du Roi. Le dernier roman de Tolkien étant mon préféré, j'ai la ferme intention de livrer le meilleur film possible. Meilleur que les deux précédents. C'est toujours à force de travail que les choses évoluent dans le bon sens."

Déjà, les comédiens, de Ian McKellen à Liv Tyler, se préparent à un nouveau séjour en Nouvelle-Zélande, en pleine Terre du Milieu, dans la perspective des "re-shoots", à savoir le tournage de séquences supplémentaires indispensables à la fluidité et à la compréhension de l'histoire, et qui seront décidées après un premier bout-à-bout des scènes préalablement tournées. Il est un peu tôt pour en déterminer le contenu. Une certitude, cependant : le scénario reste évidemment très fidèle au récit original de Tolkien. "C'est le meilleur de la trilogie. Il ne faut pas s'en écarter", s'engage Peter Jackson, illustrateur d'une histoire plus foisonnante, plus riche encore que les deux précédentes. Désormais en phase avec lui-même, Aragorn accepte qon titre d'héritier des Rois Antiques et prend le commandement des forces du Bien contre les troupes de Sauron. La ville fortifiée de Minas Tirith subit un siège sévère tandis que Frodon et Sam, guidés par un Gollum plus schizophrène que jamais, avancent vers la Montagne du Destin pour détruire l'Anneau. Gollum trahit et amène les deux Hobbits dans le piège de Shelob, une gigantesque araignée... La suite s'articule autour d'une impressionnante série de rebonsissements propices à des morceaux de bravoure d'une ampleur inédite. Des batailles surtout, qui devraient surpasser l'attaque du gouffre de Helm des Deux Tours et des mines de la Moria de La Communauté De L'Anneau, mais également l'affrontement de Théoden et du roi des Nazgûls, la perte de contrôle de Frodo sous l'emprise totale de l'Anneau, la déchéance de Saroumane... Dans ce dernier cas, il s'agit d'une scène encore très opaque dans ses détails. "De la disparition de Saroumane, Peter Jackson a tourné pas moins de cinq versions différentes. Je n'ai aucune idée de celle qu'il va retenir dans le montage final", commente Christopher Lee, titulaire d'un rôle magistral de fourberie et d'ambition, rôle qui devrait s'étoffer encore un petit peu au gré des "re-shoots" de Peter Jackson. Lequel trépigne d'impatience à l'idée d'attaquer la post-production du troisième volet de l'épopée fantastique. Le film, il l'a déjà bien en tête. "Il aura des proportions gigantesques et une dimension réellement biblique, surtout dans son dénouement. Tout y sera plus vaste. Plus émouvant aussi. Je compte bien restituer l'émotion du roman et la porter à l'écran de manière à faire couler des larmes. Il y a dans le roman une portée spectaculaire certes grandiose, mais également quelque chose de très intimiste, une tristesse profonde que je souhaite relayer à l'écran avec le même regard que les morceaux de bravoure."

Toujours en équlibre entre les fastes de la fresque mythologique et le reflet des sentiments les plus intimes, Peter Jackson entend donc achever la trilogie du Seigneur Des Anneaux en beauté.  Exactement comme il l'avait commencée en décembre 2001...

Par Marc Toullec

~~~~~¤¤¤~~~~~

Autopsie d'un succès.

Pourquoi les Elfes, Orques et Hobbits Tolkieniens attirent-ils autant les foules ? Qu'a rapporté l'adaptation cinématographique du "Seigneur Des Anneaux" ? Tentatives de réponses avec Nicolas Bonnal, expert e la matière.

"Mon oeuvre a échappé à tout contrôle." John Ronald Reul Tolkien ne croyait pas si bien dire. En publiant sa trilogie en 1954-1955, sa maison d'édition Allen & Unwin s'attendait tout au plus à vendre quelques milliers d'examplaires. Il y en aura des dizaines de millions, traduits dans quarante-cinq langues. Si la première adaptation cinématographique, conçue sous forme d'animation en 1978 par Ralph Bakshi, ne rapporta que 30 471 420 dollars, lorsque Peter Jackson se met en tête de s'y coller, l'engouement frise l'hystérie. La suite rime avec pluie de dollars. Sorti en décembre 2001, le premier volet - Le Seigneur Des Anneaux, La Communauté De L'Anneau - terminera sa carrière française avec le soutien d'une armée de 6 843 091 spectateurs, les recettes aux Etats-Unis totalisent 313 millions de dollars (et 862 millions dans le monde), plaçant le film à la cinquième place au hit-parade de tous les temps, derrière Jurassic Park, Star Wars I : La Menace Fantôme, Harry Potter à l'Ecole Des Sorciers et l'incontournable Titanic avec son milliard et huit cents millions de billets vert vendus.

Le jour de leur lancement - autour du 19 décembre - dans plus de 12 000 salles à travers la planète, Les Deux Tours avaient déjà rapporté 46 millions de dollars. Au 29 janvier, le même film avouait des gains chiffrés à 310 436 000 dollars sur le sol américain, 423 307 786 dollars dans les autres pays, soit déjà 733 743 786 dollars. Soit 21 millions pour l'Australie (contre 24 enregistrés à la fin pour le premier volet), 2,1 en Afrique du Sud (1,8), 1,7 en Malaise (1), 1,2 aux Philippines (1,4), 8,9 à Taïwan (6,6), 5,8 en Belgique (5,9), 266 907 en Bulgarie (157 460), 1,2 en Tchécoslovaquie (2,5), 4,4 en Finlande (4,9), 715 218 en Finlande (659 728), 2,1 en Israël (2,7), 8,9 en Norvège (7,9), 27 en Espagne (28), 3 en Turquie (4,1), 1,7 en Argentine (3,2), 6,4 au Brésil (10,3), 2,2 en Colombie (2,9), 1,3 à Porto Rico (1)... En France, au 22 janvier, 6 437 116 personnes l'avaient vu. Pas mal.

Il est vrai que la presse nationale, hebdomadaire, mensuelle et quotidienne n'a pas mégoté sur les superlatifs et autres expressions laudatives. En vrac, "SFmag" lui décerne la note de 8 sur 10, "Maximal" écrit : "Que ceux qui trouvaient déjà La Communauté De L'Anneau spectaculaire, se préparent à un choc sans précédent." "Karaté" emploie le terme "sublime", "Okapi" donne dans la "fantastique", "VSD" penche pour "hallucinant", pour "Le Point" c'est "un souffle épique"... "Le républicain Lorrain" estime pour sa part que le film est "paré de ses meilleurs atouts", "Le maine Libre" le trouve "plus sombre, plus intense, plus d'humour, plus...", "Paris Normandie" qu'il est "aussi monumental que le premier", "Sud Ouest" qu'"il y a du Shakespeare dans cette représentation du monde", "Libération Champagne" que "le Père Noël est un Hobbit", "Centre Presse" pense qu'"on n'a pas fait mieux". Et nous pourrions continuer longtemps... Seul "Libération" met un bémol, en compagnie des "Inrockuptibles". Pour ce dernier, "le message écolo prête à sourire et l'on s'ennuie ferme."

~~~~~¤¤¤~~~~~

Noir c'est Noir

Pas la peine de vous faire un dessin, les deux volets riment donc avec succès. Mais pourquoi le public s'est-il rué en masse dans les salles obscures, pourquoi les livres se sont arrachés comme des petits pains ? Nicolas Bonnal tente d'y répondre. Ancien de Sciences-Po, historien auteur de nombreux ouvrages dont un "Tolkien, les Univers d'un Magicien" paru aux éditions Les Belles Lettres en 1998, happé par la Tolkienmania sur le tard à 25 ans - il en a aujourd'hui plus de 40 -, il y voit plusieurs explications.

Enfance perdue, enfance retrouvée

En premier lieu "une mode de la littérature infantile revenue avec "Harry Potter" et l'infantilisation du monde adulte avec l'éclosion des bo-bos." En creusant la question, il ajoute que l'engouement a été quasi-immédiat parce que "quand Tolkien publie son oeuvre, les gens pensent à une espèce de menace terrifiante liée au progrès, à la civilisation des machines, et même à la Seconde Guerre mondiale, avec le nazisme en toile de fond du Mordor. On peut également y voir Staline, et avec Le Seigneur de l'Est lançant ses troupes sur l'Ouest. Même si Tolkien termine par une victoire, nous sommes dans un monde extrêmement fragile. Il y a un contexte de guerre froide qui s'est métamorphosé en un concept de pessimisme global, encore en vigeur. Jackson a beaucoup insisté là-dessus, tout comme sur le côté écologiste. Tolkien pleurnichait quand il voyait des stations-service remplacer les bosquets de son enfance. C'est le paradis des Hobbits. Je crois qu'il a enlevé, faute de place, le nettoyage de la Comté dans Le Retour Du Roi. Dommage, car c'est le moment où la Comté est soumise à la révolution industrielle. Ce développement industriel fait peur à tout le monde. Il y a là une vision assez noire de la fin des temps qui fascine, qui effraie. Et qui explique aussi l'énome succès obtenu par Titanic, métaphore sur la fin du monde avec l'idée de l'amour. Là, on a un contexte de crépuscule global, de la Terre du Milieu, de toute l'espèce humaine menaçée par une force noire qui pollue tout, brutalise tout et transforme les gens en machines. Cela répond en écho à l'abandon de nos campagnes, au grand développement des villes, avec les problèmes de la pollution, de l'insécurité. Dans l'inconscient collectif, on a la vision d'un futur qui est toujours noir. Aujourd'hui, de Minority Report à A.I. ou autres, les films sont pessimistes."

Est-ce à dire que les jeunes se retrouvent derrière ces métaphores ? "Oui, car ils pessimistes, ont peur de la pollution, des marées noires, de l'avenir. Lorsque Tolkien connait un grand succès dans les années 60, il ne faut pas oublier que c'est grâce aux hippies, des gens qui veulent une organisation microcosmique, des petites cellules comme celles des Hobbits, 'small is beautiful' ! Ils luttent contre la civilisation urbaine." Selon Bonnal, il y a encore autre chose qui joue chez les enfants : "Le Seigneur Des Anneaux" est un conte de fées gigantesque. Il ne fait pas cinq pages comme chez Perrault, mais mille. Et on peut y retrouver le même monde extrêmement binaire." Loin de rebuter, ces centaines de pages attirent.

Révolutionnaire ou réactionnaire ?

Autre explication avançée par Nicolas Bonnal pour apporter de l'eau au moulin d'un tel engouement : la dimension monarchique. "Tout le monde rêve, quelque part, d'un roi perdu, oublié, ou bien est dans l'attente du Messie, synonyme de salut collectif, de retour à l'ordre des anciens jours. Tolkien insiste sur l'idée que, grâce à un salut terminal, on peut se débarrasser du Mal et ramener une espèce de Paradis terrestre." Tolkien serait-il nostalgique du passé, réactionnaire à sa manière ? "Sans aucun doute. C'est un messager de la tradition. Il ne conduisait pas, refusait la voiture, pour lui la station-service s'apparentait à l'arrivée dur Mordor, donc cette idée du meurtre, d'où la résonance du nom Mordor. Il croyait à la féodalité, à une communauté de gens qui se connaissent de père en fils, et non pas à une société métissée, de gens qui, comme moi, font le tour du monde, il croyait en une humanité enracinée. Ses conceptions politiques étaient assez réactionnaires, mais d'un autre côté, elles nous fascinent. C'est très paradoxal, exactement comme peut l'être l'interêt suscité par Harry Potter, un bon élève désireux d'être bien vu par ses professeurs, prônant les bienfaits du travail, ce qui est aux antipodes de l'école d'aujourd'hui."

"En écrivant que son oeuvre lui échappait, qu'il avait produit un monstre, selon ses propres termes, Tolkien entendait 'monstre' au sens étymologique, c'est-à-dire quelque chose que l'on montre. Parallèlement, c'est devenu l'un des livres les plus importants de notre époque. Pourtant, personne, lui le premier, ne pensait que cela se produirait. Au sens plus négatif, cet ouvrage est devenu un monstre de marketing, de commercialisation, de technologie. Tolkien ne serait d'ailleurs peut-être pas content de voir le chemin que cela a pris." Peut-on dire qu'insidieusement ou pas, ses écrits ont influencé, à quelque niveau que ce soit, les hommes politiques ? "Ce n'est pas idiot, même si risqué." Et José Bové, surferait-il sur la vague Tolkiennesque ? "Je n'irai pas jusque là, même s'il a peur du progrès. Mais quand Peter Jackson transforme les Elfes en Orques, il en fait des créatures transgéniques. Le clonage aujourd'hui est un processus 'mordorien' de transformation de la nature pour créer des espèces d'entités effrayantes. A sa manière, Tolkien défend le retour aux produits du terroir."

Les jeunes vont-ils chercher si loin derrière le film, creuser le propos ? "Sûrement, mais dans quelle proportion ? Mystère. Ils auraient pu le faire si la télé avait rebondi sur le sujet." Fort de toutes ces considérations, Peter Jackson est-il Tolkienien ? "Sans aucun doute. Mais si le premier film m'a émerveillé - je n'avais rien vu d'un tel niveau depuis 2001 -, avec le second et son côté plus grand spectacle, il a cassé la structure narrative, changé les personnages d'une manière grave. On adapte une oeuvre et on la respecte. L'univers de Tolkien est machiste, mais ce n'est pas un problème. Là, Jackson a voulu faire plaisir à ses coscénaristes féminines. C'est devenu un festival d'effets spéciaux et c'était justement le piège dans lequel il ne fallait pas tomber. Jackson l'avait d'ailleurs déclaré." N'empêche que Nicolas Bonnal se précipitera pour voir Le Retour Du Roi, "Pas par obligation, par plaisir !"

Par Gwen Douguet

~~~~~¤¤¤~~~~~

Viggo Mortensen : Le choix des âmes

C'est a plus de 40 ans et après une quarantaine de films et de téléfilms que Viggo Mortensen croise enfin l chemin d'Aragorn. Le rôle d'une vie et la transformation d'une carrière en fabuleux destin.

De tous les interprêtes de la trilogie du Seigneur Des Anneaux, toutes catégories confondues, jeunes ou vétérans, Viggo Mortensen est celui qui en récolte les plus grands bénéfices en notoriété et en cote d'amour. Une célébrité inespérée, à 43 ans, pour un interprète né à Manhattan de père danois et de mère américaine, que la découverte à 20 ans des oeuvres de Dreyer, de Pasolini, de Bergman et d'Ozu pousse à l'art dramatique. Car avant que Peter Jackson ne le choisisse, Viggo Mortensen végète sérieusement dans l'attente qu'un cinéaste lui propose le rôle de sa vie.

Porté par le vague espoir d'une proposition digne de lui, le comédien fait docilement son métier, laborieusement même depuis des débuts modestes. Une apparition dans la série "Deux Flics à Miami" en 1984, un rôle express de fermier amish dans Witness, d'autres rôles mais coupés au montage das l'inédit Swing Shift de Jonathan Demme et surtout La Rose Pourpre du Caire de Woody Allen... Des premiers pas sur les plateaux de cinéma plutôt hésitants. Malgré sa belle gueule, Viggo Mortensen se fond dans la masse. S'il obtient la vedette du thriller fantastico-carcéral Prison, de Renny Harlin, il n'en tire aucune gloire particulière. Pas très porteur, le registre de la série B, où bien d'autres se bercent pourtant de l'illusion d'avoir atteint les sommets. Dans le domaine, il fait également les beaux jours de Leatherface : Massacre à la Tronçonneuse III entre deux autres inconnus promis à un bel avenir, Renée Zellweger et Matthew McConaughey. Pour la petite histoire, le film est une production New Line, la compagnie à l'origine du Seigneur Des Anneaux. Pourtant, entre des engagements alimentaires sur des titres sans interêts (Young Guns 2, Extrême Limite) ou d'autres plus motivants (L'Impasse de Brian De Palma), Viggo Mortensen stationne dans l'anonymat des acteurs qui courent les auditions. Reconnaissance zéro. A l'époque, deux cinéastes décèlent cependant en lui un talent nettement au-dessus de la moyenne : Sean Penn, qui lui confie le rôle de l'ancien du Vietnam hanté et introverti d'Indian Runner, et Philip Ridley qui lui trouve une place de choix dans son univers onirique moite, tendance psychanalyse, avec L'Enfant-miroir et Darkly Noon. De bons films, salués par la critique mais diffusés dans une semi-clandestinité. La liste A du gratin hollywoodien, ce n'est pas pour tout de suite. Au milieu des anneés 90, les choses se décantent néanmoins pour Viggo Mortensen, bien qu'encore très loin de figurer parmi les premiers choix des studios. Lorsqu'il décroche la vedette d'un film, il s'agit à nouveau d'un film de série B, le polar très branché John Woo American Yakuza. Rien de déshonorant cependant. Bon an mal an, le futur Aragorn du Seigneur Des Anneaux mène son petit bonhomme de chemin. Militaire de fond et de surface (USS Alabama, A Armes Egales), tueur (Psycho, Meurtre Parfait), héros d'opérette (Daylight), séducteur alcoolique (28 Jours, en sursis), amoureux éconduit (Portrait de femme)... Des prestations variablement marquantes, mais dans des films connus et vus à l'échelle de la planète. Si Viggo Mortensen gagne désormais fort bien sa vie, il demeure donc un étrnel second couteau, même quand on le gratifie du rôle d'un Lucifer très guest-star dans Prophecy. Le vent tourne enfin le jour où Peter Jackson lui demande d'auditionner pour Le Seigneur Des Anneaux. Il y a urgence : il faut remplacer Stuart Townsend, trop jeune et trop lisse pour le rôlr d'Aragorn. Viggo Mortensen adhère si bien au personnage que le réalisateur prend sa décison en moins d'une heure. Une heure qui bouleversera à jmais la vie de l'heureux élu. Bien qu'ayant jamais lu Tolkien avant son recrutement, il se lance à coprs perdu dans l'aventure sur les conseils enthousiastes de son fils. Avec une passion telle qu'il porte ses costumes hors tournage pour leur donner la patine nécessaire, et qu'il ne quitte jamais son épée. Des efforts désormais récompensés par l'accès à une large palette de projets. La possibilité aussi de refuser le rôle de César Borgia dans le film de Neil Jordan au profit du western Hidalgo, situé en Arabie, de succéder à Richard Widmark dans la peau de Jim Bowie pour une seconde reconstitution du siège d'Alamo... Poète, photographe, peintre, musicien de jazz et comédien, Viggo Mortensen récolte les lauriers de la patience, satisfait mais amusé que le magazine "people" le classe parmi les cinquante plus belles personnalités de l'année 2002...

Par Gwen Douguet

Source : Ciné Live N° 66, March 2003

 

~~~~~¤¤¤~~~~~
This page has been last updated on : 02.19.2003 © A Hobbit's Tale v.1.1. 2002-2003. All rights reserved.