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CinéFilm(s) : Le Seigneur Des Anneaux - Special

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Interview Andy Serkis

Andy Serkis est la voix de Gollum, l'affreuse créature du Seigneur Des Anneaux. Mais au-delà de ses performances vocales, l'acteur a su prêter ses traits et ses gestes pour faire vivre l'ancien possesseur de l'Anneau.

CinéFilm(s) : Vous aviez un ou deux personnages en tête ?

Ansy Serkis : Un seul. Gollum est un seul personnage mais avec une personnalité à plusiers facettes. Il n'est pas deux personnages différents en même temps. Il est comme moi. Je sais, je suis complètement schizophrène. (rire) Ce que je veux dire c'est que la plupart d'entre nous le sont. Nous avons tous de nombreuses facettes à nos personnalités qui ont tendance à émerger selon les cicronstances de nos existences. Par exemple, si vous êtes coincé au volant dans un embouteillage, vous êtes un vrai Gollum alors qu'à la maison avec votre gosse de deux ans vous pouvez être d'une grande tendresse. C'est ça, et c'est quelque chose que j'ai profondément ressenti, du point de vue du public même, vous allez passer du temps avec ce mec, il faut que vous le compreniez et non pas vous contenter de penser que c'est un méchant. C'est une vraie personne qui vit une véritable torture. Interprété de cette façon, le public peut le comprendre et même éprouver pour lui une certaine sympathie.

CinéFilm(s) : Est-ce que votre voix était synthétisée d'une façon ou d'une autre ou bien était-ce la vôtre ? Dans ce cas, ça doit être dur de produire un son aussi râpeux avec sa gorge, non ?

Andy Serkis : Oui, c'était assez dur, mais on s'habitue à tout. Mes cordes vocales sont devenues comme du cuir à force. Elles sont devenues insensibles. Mais encore une fois ça faisait partie du processus de découverte du personnage d'imaginer des façons d'exprimer sa douleur. Gollum est surnommé Gollum à cause du bruit qu'il fait avec sa gorge. C'est à cause d'une crispation dans sa gorge et je voulais souffrir de cette crispation moi-même, je voulais qu'elle soit comme une sorte de mémoire musculaire, un resserrement comme si un T-Rex lui mordait le cou. Pour moi c'était un symptôme, une souffrance auto-induite en souvenir du fait qu'il avait étranglé son cousin pour lui prendre l'Anneau. C'était aussi une manifestation de l'emprise que l'Anneau avait sur lui. J'ai commencé par le comprendre comme très proche de l'animal, parce que J.R.R. Tolkien le décrit très physiquement avec des termes de zoologie. J'ai des chats chez moi. Je ne sais pas si vous, vous avez des chats, mais quand ils se coincent une boulette de poil au fond de la gorge, on les voit se convulser, tout leur corps se convulse pour expulser les poils et ils font un drôle de petit bruit, un peu comme "Gollum, Gollum".

CinéFilm(s) : Quand vous avez vu Gollum dans le film, est-ce que vous vous êtes reconnu ?

Andy Serkis : Complètement oui ! Et les gens qui me connaissent me reconnaîtront aussi parce qu'ils verront mes expressions. Ma femme me reconnaîtra (rire) mais c'est normal parce que le visage du personnage est modelé sur mon visage et c'est exactement ce que Peter Jackson voulait. Il voulait emprunter mes qualités d'acteur. En fait c'est bien mon interprétation.

CinéFilm(s) : J'ai entendu dire qu'une scène a été réalisée où l'on vous voit fumer et discuter avec Jar Jar Binks, vous pouvez nous en parler ?

Andy Serkis : Oui, oui, c'est un truc qui a été fait au début de l'année. Je suis très impatient de voir ça fini parce que ça va être animé par-dessus la scène de motion capture qu'on a réalisé. L'idée c'était une interview on-line où l'on interroge Gollum à propos de sa préparation quotidienne au travail. Le téléphone sonne et c'est son agent qui vient de lui décrocher une participation à un talk-show. Là-dessus arrive Jar-Jar, Gollum lui demande comment ça va et Jar-Jar lui répond qu'il vient d'auditionner pour le rôle de Dobby dans Harry Potter mais qu'il n'avait pas les oreilles assez grandes.

CinéFilm(s) : Avez-vous été très déçu du fait que la scène de transformation de Gollum ait été coupée ? J'ai cru comprendre qu'elle serait dans le troisième film de toute façon mais est-ce que ça vous a ennuyé qu'elle ne soit pas utilisée dès le deuxième film ?

Andy Serkis : Oui et si je ne savais pas que la scène sera dans le troisième film, ça m'énerverait. Je ne sais pas si tout le monde sait qu'en fait, on me voit, moi, dans le film, dans ce qui aurait dû être le deuxième film, me transformer en Gollum après le meurtre de Déagol. On voit l'évolution, la chute dans la folie et on voit Gollum se décrépir de plus en plus et puis, finalement la transformation est complète. Oui j'ai été déçu quand Peter Jackson m'a annoncé que ce ne serait pas dans le deuxième film parce qu'il pensait que ça collait bien mieux dans le troisième.

CinéFilm(s) : Est-ce que cette scène dans le troisième film sera un flash-back similaire à celui initialement prévu dans le deuxième film ?

Andy Serkis : Ils trouveront un moyen de faire en sorte que ça marche. D'un certain sens, c'est assez bien parce que ça permettra aux gens de mieux connaître Gollum. C'est comme une sorte de levée de voile, une sorte de révélation.

Debbie Bean

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Interview Viggo Mortensen

Alors que Le Retour Du Roi va le mettre en haut de l'affiche, l'acteur Viggo Mortensen revient pour CinéFilm(s) sur son engagement et sur ce qu'il a retiré de l'aventure du Seigneur Des Anneaux. Quand tout ne tient qu'à un fil...

CinéFilm(s) : Est-ce que vous connaissiez le roman ?

Viggo Mortensen : Vous voulez dire avant le film ? Non. J'ai reçu un coup de téléphone et dès le lendemain, je me suis retrouvé dans un avion avec ce gros bouquin sur les genoux (Rire) à essayer d'en lire le plus possible avant de devoir me retrouver devant les caméras.

CinéFilm(s) : Quand on vous a engagé, est-ce que vous avez hésité à cause du fait qu'il s'agissait d'un engagement sur trois ans ?

Viggo Mortensen : Oh oui. Quand ils ont appelé chez moi j'étais aussi flatté que sous le choc.

CinéFilm(s) : Chez vous, à Los Angeles ?

Viggo Mortensen : Oui, j'étais à la maison avec mon fils et j'hésitais. C'était une grande opportunité bien sûr, mais devoir partir comme ça dès le lendemain et pour aussi longtemps alors que je n'avais même pas lu le roman et que je savais que les autres acteurs étaient sur place depuis des semaines, voire des mois, à répéter, à s'entraîner à l'équitation et à l'escrime. Ils s'étaient déjà familiarisés avec l'endroit, avec le reste de l'équipe, avec leurs costumes et tout ça. Ils avaient commencé à tourner depuis deux semaines. Je me suis senti très désavantagé professionnellement et j'avais peur de ne pas être à la hauteur. Vous savez, on veut toujours apporter la meilleure contribution possible. C'était évidemment un projet très important. Et puis surtout il y avait mon fils. Si j'y allais, ça m'éloignait de lui pour longtemps.

CinéFilm(s) : Quel âge avait-il ?

Viggo Mortensen : Il avait onze ans. Quand j'ai raccroché le téléphone, il m'a demandé de quoi je parlais et j'ai répondu "Rien, c'est ce truc, Le Seigneur Des Anneaux". Il en avait déjà parler avec des copains à lui qui l'avaient lu et lui-même avait commencé à le lire. Il m'a dit que c'était un roman génial et que je devais le faire. Je lui ai expliqué que ça voulait dire que je serais absent très longtemps. Et puis, on s'est mis à se disputer. Non... On ne se disputait pas vraiment en fait, c'était bien de recevoir son approbation même après que je lui ai expliqué que ça durerait très longtemps, vraiment très longtemps, et en fait ça a duré même plus longtemps que ça. Les pauses que nous étions supposés prendre dans la deuxième moitié du tournage ont toutes été supprimées. Je n'ai jamais eu de congés. Même si c'était bien d'avoir son approbation, il me restait en même temps à prendre une décision pour moi-même. J'ai pensé qu'il était ridicule, vraiment, de se joindre à quelque chose comme ça de façon si impromptue. J'ai réfléchi intensément pendant deux heures et finalement j'ai décidé de le faire. Et ça ne me laissait pas assez de temps pour lire le livre. (Rire) J'ai décidé finalement d'accepter parce que je savais que j'aurais toujours ça quelque part en tête. C'est le genre de chose, le genre de défi que j'avais toujours attendu et c'était plus fort que moi. Mais si je n'avais pas accepté de faire ce film, je sais que je me serais méprisé ensuite pour ma lâcheté, j'aurais perdu ma propre estime si je n'avais pas au moins essayé.

CinéFilm(s) : Pourquoi est-ce arrivé si rapidement ?

Viggo Mortensen : Il y avait un autre acteur, mais il était beaucoup trop... Il était plus jeune que moi. Il avait l'âge des gars qui jouent les Hobbits. C'était un désavantage certain dans sa position. Ce que j'ai compris, c'est que son départ était une décision mutuelle. Il aurait fallu le faire paraître plus vieux tout le temps, il aurait fallu qu'il joue en se donnant toujours l'air d'avoir bénéficié d'une longue expérience. Vous savez, Grand-Pas est quelqu'un qui n'est pas seulement plus vieux que les autres, non, il est beaucoup plus vieux. Il est d'une race dont l'espérance de vie est deux fois plus longue que celle des hommes. En fait, il va sur ses quatre-vingt-dix ans, ça fait un moment qu'il tourne et beaucoup des gens qu'il rencontre dans le second film comme Théoden, semblent plus vieux que lui, mais en réalité Aragorn a combattu aux côtés du père de ce roi quand ce dernier n'était encore qu'un bébé. Il est bizarre, mais il n'en a pas l'air.

CinéFilm(s) : En dehors du fait de vous avoir coûté dix-huit mois de votre vie, qu'est-ce que vous a apporté ce film ?

Viggo Mortensen : J'ai découvert que la Nouvelle-Zélande et ses habitants étaient incroyables. Il y avait une équipe fantastique et un super groupe d'acteurs. Attention, c'était vraiment une ambiance de travail, on avait tous les manches relevées et il n'y avait pas de place pour des caprices de diva ou ce genre de comportement qu'on voit parfois sur de grabds films. Il y avait vraiment un travail d'équipe là, et c'est même plus important pour moi que les résultats du film finalement. Je me suis amusé et j'ai partagé pas mal d'expériences avec ces gens, je me rends compte de ce que nous avons fait et j'en suis assez fier. Si tout ça passe à l'écran, je veux dire le bon comme le mauvais, tout ce qui a été difficile, dur, tout ce que nous avons dû faire face au jour le jour, pas après pas, toutes nos petites victoires du moment dans notre construction de la Terre du Milieu pour qu'elle paraisse vraie, alors ça valait le coup.

Robin Lynch

Source : CinéFilm(s) Special N° 5/July 2003

 

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