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:: chapter IV :: the movies ::

 
The Movies (X) : The Press ¤~
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:: The Press ::
Ciné Live (in French)
ELIJAH WOOD (excerpt)

In n'y a pas que le Hobbit dans la vie. C'est en tout cas ce que prouve Elijah Wood en participant au film de Michel Gondry, Eternal Sunshine Of The Spotless Mind. L'occasion pour l'acteur de revenir sous un jour cool et urbain, à l'image de ce qu'il faisait avant Le Seigneur. La parenthèse enchantée est bien refermée, et ce n'est pas pour autant qu'Elijah n'a plus rien à dire.

Ciné Live : Avez-vous aujourd'hui totalement digéré l'expérience d'avoir habité le personnage de Frodon pendant si longtemps ?

Elijah Wood : Chaque personnage a forcément un impact sur moi à des niveaux différents. A plus forte raison quelqu'un comme Frodon qui restera à jamais lié aux souvenirs d'un tournage extraordinaire et de l'aventure unique qu'à été la trilogie du Seigneur Des Anneaux. Je pense avoir été davantage marqué par la rencontre avec Peter Jackson et toute l'équipe. D'un point de vue humain, ce fut très profond. Spécialement aussi par Dominic Monaghan et Billy Boyd. Nous sommes liés pour toujours.

Ciné Live : La pile de scénarios que vous recevez doit être impressionnante ?

EW : (pensif) pas aussi haute que vous pourriez l'imaginer. Bon, il y a toujours un script que je n'ai pas encore eu le temps de lire, mais je suis plutôt difficile alors bien souvent, je dois attendre longtemps avant de tomber sur quelque chose qui me plaise à tous les niveaux. Pas seulement mon rôle, mais l'histoire, la qualité du scénario. Tous ces éléments doivent se conjuguer pour que le déclic se produise.

Ciné Live : Quel est le pire conseil qu'on vous ait donné pour votre carrière ?

EW : Pour celui-là, j'ai dû oublier ! Le meilleur, en revanche, est venu de Mel Gibson quand nous avons tourné Forever Young. Il m'avait expliqué que, quoiqu'on pense, on pouvait toujours faire mieux... Je crois avoir retenu la leçon. C'est ce qui évite de stagner.

Ciné Live : Le succès culte du Seigneur Des Anneaux a-t-il causé des dérapages de la part de vos fans ?

EW : La majorité a été très respectueuse et admirative. Je leur en suis reconnaissant. Quelques unes cependant, disons parmi les plus épistolairement entreprenantes, m'ont adressé des déclarations d'amour et d'autres ont été jusqu'à faire la moitié du tour du monde pour essayer de me retrouver ! Le plus perturbant a été cette femme qui, pendant une période, m'a poursuivi partout lors du tournage en Nouvelle-zélande. Elle avait réussi je ne sais pas comment à s'immiscer au sein de notre communauté pourtant fermée. Elle était particulièrement tenace... Mais c'est un cas très isolé.

Par Jean Chaillet

ORLANDO BLOOM

Avril 2004, sud du Maroc, le barnum où les comédiens partagent le couscous ploie sous les coups de bouton du Sirocco, mais ne rompt pas. Nous sommes à deux pas du gigantesque plateau de la nouvelle super-production de Ridley Scott, Kingdom Of Heaven, dont l'action se déroule à l'époque des croisades, entre la France, l'Espagne et Jérusalem. Rencontre avec la star.

Savemment crotté dans sa tunique de toile grossière, parcheminé de poussière et bronzé comme un plagiste tropézien, Orlando Bloom s'accorde une pause en notre compagnie, histoire de reprendre quelques forces. Il lui en faudra : cet après-midi, il fera, en tant que Balian of Ibelin, jeune forgeron emporté au milieu d'une guerre mettant face à face chrétiens et musulmans, son entrée dans la ville fortifiée de Jérusalem, que se disputent les deux communautés en ce beau XIIe siècle. Entre deux cuillerées de semoule, le comédien parle passé, présent et futur, qu'il faudrait presque des lunettes de soleil pour le mirer !

Ciné Live : Le Seigneur Des Anneaux, Troie et aujourd'hui Kingdom Of Heaven de Ridley Scott : Comment fait-on pour passer d'un énorme film à l'autre comme c'est devenu votre lot depuis plusieurs années ?

Orlando Bloom : C'est vrai, c'est incroyable, non ? Je reconnais que j'ai beaucoup donné dans le "film de glaives" dans ma courte carrière, mais on ne m'avait néanmoins jamais confié la pleine responsabilité d'un film comme celui de Ridley. C'est une opportunité inouïe pour moi, ce type est un putain de génie ! (rires) Ce qui rend les choses vraiment plus faciles. Quand vous pénétrez sur le plateau et que vous découvrez les décors, les costumes, et les milliards de petits éléments qu'il va falloir assembler pour n'en faire plus qu'un à l'écran, vous vous dites de toute manière qu'il va vraiment falloir un génie aux commandes !

Ciné Live : Comment décririez-vous votre personnage Balian ?

OB : C'est quelqu'un dont l'esprit est très organisé, il pense un peu comme un ingénieur. Balian sait exactement comment sa mission devra être exécutée. Il est fait pour mener une guerre, mais ce n'est pas un guerrier au sens primaire du terme. Et puis il a un regard très honnête, très juste sur les évènements et sur son époque. Quand il débarque à Jérusalem, la patrie de son père, il fait construire des bâtiments, il met au point des systèmes d'irrigation... Balian a le sens du progrès et de l'invention, c'est aussi ce qui en fait un personnage unique.

Ciné Live : Où se situerait-il parmi les autres personnages que vous avez incarnés jusqu'à présent ?

OB : Disons que Legolas vivait dans un monde qui n'appartenait qu'à lui, que Paris était un anti-héros et que je vois davantage Balian comme un homme d'honneur. C'est quelqu'un qui se remet d'une énorme brisure dans sa vie - il a perdu sa femme et son enfant - en devenant le défenseur de Jérusalem, et c'est celui qui prendra les bonnes décisions au moment de la reddition de la ville aux mains de saladdin. En rendant la ville aux musulmans, Balian sauve le peuple de Jérusalem. Il trouve sa rédemption personnelle en s'engageant au service de tout un peuple.

Ciné Live : En tant que spectateur, êtes-vous plutôt client de ce genre de gigantesques épopées à costumes ?

OB : Oui, j'ai toujours aimé ça, les Lawrence D'Arabie, les Docteur Jivago... J'ai entendu parler du Seigneur Des Anneaux au moment où je sortais de l'école d'art dramatique, et je me souviens avoir immédiatement eu envie de faire partie de l'aventure. J'en rêvais littéralement. C'est étrange, mais paradoxalement, les films situés à notre époque me paraissent bien plus réels que nombre de films contemporains. J'ai fais des films contemporains, j'aime ça et j'en referai, mais je trouve toujours plus ambitieux, pour un comédien, d'avoir à remonter le temps. C'est l'occasion d'effectuer des recherches, de se passionner pour une époque loin de soi, de ramener du travail à la maison. En ce qui me concerne, je m'éfforce systématiquement de comprendre l'époque, la culture... Ces recherches et le scénario m'aident beaucoup à trouver la confiance nécessaire pour assumer de tels films. Cela dit, je prends toujours de l'Histoire ce qui me semble le plus important : il faut savoir se concentrer sur certaines choses et pas d'autres, non seulement pour une question de temps, mais aussi parce qu'il est très facile de se perdre dans les tangentes. Moi, je suis toujours pour la ligne la plus droite.

Ciné Live : Au contraire du Seigneur Des Anneaux, il y a peu de recours aux effets spéciaux conçus par ordinateur dans Kingdom Of Heaven. C'est un changement important pour vous ?

OB : Déjà, cela avait été le cas avec Troie, pour lequel l'équipe déco avait construit un décor époustoufflant, et ce mur d'enceinte immense que je retrouve plus ou moins aujourd'hui dans les murailles de Jérusalem. Je vois bien que tout le monde sur ce plateau est intimidé par le gigantisme de ce décor, mais moi qui ai déjà travaillé sur des films de très grande envergure, je commence à comprendre que le décor; plutôt que d'écraser les comédiens, sert en fait à les reveler, à magnifier l'intimité d'une séquence. Il ne faut pas en avoir peur, mais se laisser porter par l'idée qu'une fresque historique nécessite que tout soit plus grand et plus beau que dans la réalité.

Ciné Live : Votre carrière a pris un tournant majeur avec Le Seigneur Des Anneaux. Aujourd'hui, parvenez-vous facilement à gérer un rythme de travail très soutenu ?

OB : Oui, enfin j'espère. Parfois je me sens extrêmement chanceux d'être l'objet de tant d'opportunités. Mais ma notoriété est plutôt récente : entre le tournage du Seigneur Des Anneaux et la sortie des films, il s'est tout de même passé pas mal de temps. Donc pour moi, le phénomène est récent, je suis encore en phase d'adaptation ! (rires)

Ciné Live : Votre nom est désormais accolé à d'innombrables projets...

OB : ... dont, pour certains, je n'ai jamais entendu parler ! Il se passe beaucoup de choses autour de moi, j'en suis conscient. Mais finalement, ça ne me préoccupe pas trop. Je suis à un âge où le travail ne me fait pas peur, je possède encore toute l'énergie et l'enthousiasme nécessaires, je ne suis pas blasé, et, surtout, j'aime le processus de fabrication d'un film. Je crois que je ne m'arrêterai de travailler que quand on ne me proposera plus rien.

Ciné Live : Comment réagissez-vous face à l'engouement du public, parfois excessif, à votre égard ?

OB : Un ami m'a dit un jour - et je crois que cela m'a pas mal aidé à comprendre le phénomène : "Il y aura toujours de nouveaux boys bands ou de nouveaux acteurs culte parce qu'il y aura toujours de jeunes filles dont les idéaux et les rêvent trouvent leur accomplissement dans une idole qui les rassure." Souvent, on entend les ados dire d'un comédien ou d'un chanteur : "C'est mon idéal." Pour eux, vous représentez un rêve, quelqu'un qu'ils ne reconnaitront sans doute jamais mais dont ils ont besoin, à un moment donné de leur vie, pour transposer leur existence. Quand vous vous retrouvez à la place de cet "être idéal", comme c'est mon cas en ce moment, vous vous dites "OK, c'est un sentiment très flatteur, c'est vraiment très gentil de leur part", mais il faut garder en tête que tout cela ne durera qu'un temps. Dans quelques années, vous reposerez la même question à quelqu'un d'autre. Pour l'instant, en ce qui me concerne, tant que ça ne me fait pas perdre ma crédibilité en tant qu'artiste, tant que mes films sont à la hauteur, que ce soit avec des réalisateurs confirmés ou avec des débutants, ça ne me dérange pas. Vous savez, quand vous rencontrez quelqu'un comme Brad Pitt, ça vous fait gamberger : Brad est à la fois un des acteurs les mieux payés du monde, un type archi-talentueux et en plus un des plus beaux mecs de la Terre. Pourtant, rien de tout cela n'affecte ses qualités d'être humain. C'est vraiment un modèle pour moi. Si je laisse tout ce qui m'arrive actuellement affecter ma personnalité, je sais que je suis foutu. Pour l'instant, disons que mon but premier est de continuer à faire de bons choix.

Ciné Live : Précisement, quels sont vos critères de choix ?

OB : (Un moment de réflexion) Mmmmmh... le scénario... le réalisateur... En tout cas, si je tiens à un rôle, je me dois de passer une audition. Pour l'instant, j'ai fais des essais pour chacun de mes rôles, que ce soit pour Kingdom Of Heaven, pour Troie ou pour le prochain film de Cameron Crowe, Elizabethtown. Ces rôles, en gros, tous les acteurs de la planète se les arrachent ! Qui ne voudrait pas tourner avec Ridley Scott ? Ma chance aujourd'hui, c'est que je suis au meilleur âge possible pour le cinéma. Pour Kingdom Of Heaven, je me souviens que je n'avais que douze heures pour préparer mes essais, et j'étais vraiment mort de trouille. Je me suis assis chez moi pendant six heures d'affilée sans pause et j'ai appris mon texte, avant de filer à l'audition. Après, vous vous laissez un peu porter par votre destin. Vous savez, je suis sorti de mon école de théâtre en sachant très bien qu'il y a des milliers d'autres comédiens tout à fait capables de faire ce que je fais. Je sais que si je n'étais as là, il y aurait quelqu'un d'autre à ma place. Alors forcément, dans ces conditions, quand vous avez la possibilité de décrocher un beau rôle, c'est un devoir que de vous casser le cul pour l'obtenir. Mais si ça ne marche pas, ce n'est pas bien grave. Tout ça, c'est la vie. Parfois, les choses viennent à vous tout naturellement, parfois elles ne viennent pas, l'important est de profiter d'elles quand elles viennent.

Ciné Live : Question vie privée, avez-vous le sentiment aujourd'hui que vous devez vous protéger ?

OB : Oui. Il y a un moment où l'on prend conscience que certaines limites ne doivent pas être dépassées, et que ces limites, c'est vous qui les determinez. En tant que comédien, il est normal que votre travail suscite l'enthousiasme du public, donc j'accepte un minimum mon statut de personne publique. Ce que les gens ne veulent pas comprendre, c'est juste que ma vie privée n'est pas un dixième aussi intéressante que mes rôles ! (rires) Ma vie privée, je tiens à ce qu'elle le reste, parce qu'il est essentiel de se préserver un sanctuaire inviolable quand vous rentrez chez vous. Aujourd'hui, cela devient de plus en plus difficile pour moi, mais soyez tranquille, je découvre chaque jour de nouveaux moyens de gérer cette situation.

Par Grégory Alexandre - Portrait : Lionel De Luy

Source : Ciné Live N° 83 - France  -  October 2004

 

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